Marché de la moto au Canada en 2026 : la grande remontée et l’offensive asiatique qui rebattent les cartes

Marché canadien de la moto en 2026 — CFMOTO 675NK 2026 marketing officiel

Après une année 2025 difficile, marquée par les tensions commerciales avec les États-Unis et un net ralentissement de la consommation, l’industrie canadienne de la moto reprend des couleurs en 2026. Les chiffres du premier trimestre confirment une tendance que peu d’observateurs osaient annoncer aussi rapidement : les ventes repartent à la hausse, la moto électrique s’impose comme un segment incontournable, et les constructeurs asiatiques — Chine et Inde en tête — installent durablement leurs pions sur le marché canadien.

Une remontée chiffrée : +7,2 % au premier trimestre

Selon les dernières données compilées par MotorcyclesData, le marché canadien des deux-roues motorisés a enregistré 11 717 immatriculations au cours des trois premiers mois de 2026, en hausse de 7,2 % par rapport à la même période en 2025. C’est une bouffée d’air frais pour une filière qui était jusqu’à récemment tirée vers le bas par la prudence des consommateurs et une politique américaine de droits de douane qui a perturbé toute la chaîne nord-américaine d’approvisionnement.

Les analystes parlent d’« année de consolidation » à l’échelle mondiale, mais le Canada se distingue justement parce qu’il rebondit plus vite que prévu. Plusieurs facteurs convergent : un dollar canadien légèrement plus solide qui rend les motos importées un peu moins coûteuses, des inventaires de concessionnaires enfin reconstitués après deux saisons de pénurie, et surtout un appétit renouvelé pour la moto comme alternative au prix du carburant et aux embouteillages urbains.

Honda et Yamaha gardent la couronne, mais doivent composer avec de nouveaux venus

Le duo Honda-Yamaha contrôle toujours plus de 40 % du marché canadien à eux seuls, Honda pesant à elle seule autour de 22 % des unités vendues. Cette domination repose sur un réseau de concessionnaires solide d’un océan à l’autre, des modèles éprouvés (Honda Rebel, Yamaha MT-07, etc.) et une réputation de fiabilité que peu de marques peuvent contester.

Toutefois, le paysage change. Les constructeurs européens premium (BMW, Ducati, Triumph) maintiennent leurs parts de marché grâce à des modèles haut de gamme bien positionnés. Et surtout, les nouveaux entrants asiatiques — CFMOTO en tête — grignotent désormais des parts significatives dans le segment moyen, où les acheteurs cherchent un équilibre entre prix, équipement et performances.

L’offensive chinoise : CFMOTO place ses pions avec la 675NK

L’événement le plus marquant de la saison, c’est sans contredit l’arrivée chez les concessionnaires canadiens de la CFMOTO 675NK 2026, une roadster à trois cylindres de moyenne cylindrée affichée à 8 799 $ (PDSF de base, transport et préparation en sus pour un total avoisinant 9 449 $).

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Moto CFMOTO 675NK 2026 — vue officielle du constructeur
La CFMOTO 675NK 2026 — un trois cylindres de 95 chevaux à 8 799 $ qui bouscule le segment moyen.

Ce modèle, animé par un trois cylindres de 675 cm³ développant environ 95 chevaux à 11 000 tr/min et 70 N·m (52 lb-pi) de couple à 8 250 tr/min, vient frapper de plein fouet le créneau historiquement occupé par les Yamaha MT-07 et Suzuki SV650. Mais avec un arsenal technologique nettement plus moderne : écran TFT couleur, shifter rapide bidirectionnel de série, ABS et contrôle de traction. Le tout dans un châssis affichant seulement 189 kg.

Pour CFMOTO, longtemps perçue au Canada comme un constructeur de quads et de motos d’entrée de gamme, c’est un saut qualitatif majeur. Le constructeur chinois assume désormais ses ambitions : concurrencer directement les marques japonaises sur leur propre terrain, avec des produits compétitifs et un prix difficile à battre. Disponible en Tundra Grey et Glacier White, la 675NK est déjà en stock chez plusieurs concessionnaires québécois et ontariens, signe que le réseau s’étoffe rapidement.

CFMOTO 675NK 2026 — visuel officiel du constructeur en action
La 675NK affiche un châssis de 189 kg et un équipement de série complet : ABS, contrôle de traction, shifter rapide.

Le « Made in India » se prépare aussi à débarquer

À côté des Chinois, les constructeurs indiens observent attentivement le marché canadien. Royal Enfield, déjà présente avec ses Classic 350 et ses Himalayan, gagne chaque année des points dans le segment des motos rétro et aventure d’entrée de gamme. Mais ce sont surtout les manœuvres à plus grande échelle qui retiennent l’attention : selon plusieurs rapports d’industrie, des géants comme Bajaj et Hero MotoCorp envisagent d’établir des opérations locales en Amérique du Nord, ce qui pourrait à terme inclure le Canada comme tête de pont.

Pour le consommateur canadien, cette diversification est globalement une bonne nouvelle : davantage de choix, une pression à la baisse sur les prix dans le segment 300 à 700 cm³, et une accélération de l’innovation. Pour les concessionnaires établis, la concurrence se durcit et oblige à revoir l’argumentaire de vente : la fiabilité japonaise reste un atout, mais le rapport équipement-prix devient un terrain de bataille bien plus serré qu’il y a cinq ans.

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Le segment électrique en pleine accélération : +25,8 %

L’autre grand fait saillant de 2026, c’est la confirmation que la moto électrique n’est plus un phénomène marginal au Canada. Le segment a progressé de 25,8 % en début d’année, après une croissance déjà notable de 19,1 % l’an dernier. Cette montée en puissance est portée par plusieurs facteurs : l’élargissement de l’offre (urbaines, scooters utilitaires, premières motos sportives électriques), la baisse progressive des coûts d’achat, et plusieurs incitatifs provinciaux ou municipaux à l’électrification des deux-roues.

Le segment reste, en valeur absolue, modeste comparé aux moteurs thermiques. Mais sa croissance soutenue — année après année — installe l’idée qu’une bonne partie des nouveaux motocyclistes urbains, particulièrement à Montréal, Toronto et Vancouver, fera son entrée dans la moto par la porte de l’électrique. Pour les manufacturiers traditionnels, c’est un signal clair : il va falloir étoffer rapidement les gammes électriques sous peine de céder ce segment aux nouveaux venus.

Ce que ça veut dire pour les motocyclistes canadiens

Concrètement, qu’est-ce que cela change pour vous, qui prévoyez l’achat d’une moto en 2026 ?

D’abord, les délais de livraison s’améliorent. Les concessionnaires reçoivent leurs commandes plus rapidement et les promotions de fin de saison devraient être plus généreuses qu’en 2024 ou 2025. Ensuite, la concurrence accrue pousse les marques à mieux équiper leurs motos sans gonfler les prix : on voit désormais arriver des ABS, des modes de conduite, des écrans connectés et même des shifters rapides sur des modèles de moins de 10 000 $. Enfin, le marché de l’occasion devrait se stabiliser après deux ans de prix surchauffés.

Côté sécurité, l’arrivée de motos plus puissantes à des prix accessibles s’accompagne d’une responsabilité accrue. Une CFMOTO 675NK de 95 chevaux n’est pas une moto d’apprentissage : assurez-vous de suivre une formation reconnue (cours moto-école au Québec, programme équivalent dans le reste du Canada), de porter un équipement complet — casque homologué, gants, blouson, pantalon, bottes — et de respecter scrupuleusement le Code de la sécurité routière de votre province. La règle ATGATT (« All The Gear, All The Time ») n’est pas une option, surtout face à une cylindrée que vous ne maîtrisez pas encore.

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Une saison à surveiller

L’année 2026 s’annonce charnière pour la moto au Canada : retour de la croissance, montée en puissance de l’électrique, repositionnement des marques asiatiques et ajustement stratégique des leaders historiques. Si la météo printanière collabore et si les ventes du deuxième trimestre confirment la dynamique du premier, le secteur pourrait bien clore l’année 2026 avec une progression significative — et redessiner durablement le visage du marché canadien des deux-roues.

Pour suivre les prochains chapitres de cette transformation, restez branchés sur Magazine Moto : nous décortiquerons les chiffres trimestriels, les essais des principaux nouveaux modèles et les annonces des constructeurs au fur et à mesure de la saison.

FAQ — Marché de la moto au Canada en 2026

Quel est le bilan du marché canadien de la moto au premier trimestre 2026 ?
Le marché canadien a enregistré 11 717 unités vendues au premier trimestre 2026, soit une hausse de 7,2 % par rapport à la même période en 2025, selon les données compilées par MotorcyclesData.

Quelles marques dominent le marché de la moto au Canada en 2026 ?
Honda et Yamaha contrôlent à elles seules plus de 40 % du marché canadien. Honda représente à elle seule environ 22 % des unités vendues, ce qui en fait le leader incontesté du secteur.

Combien coûte la nouvelle CFMOTO 675NK 2026 au Canada ?
La CFMOTO 675NK 2026 est offerte à partir de 8 799 $ PDSF, soit un prix tout inclus avoisinant 9 449 $ (transport et préparation en sus). Elle est disponible chez les concessionnaires CFMOTO du Canada en coloris Tundra Grey et Glacier White.

Le marché de la moto électrique progresse-t-il vraiment au Canada ?
Oui. Le segment électrique a progressé de 25,8 % au début de 2026, après une hausse de 19,1 % l’année précédente. Bien qu’encore modeste en volume absolu, sa croissance fait partie des plus rapides du marché canadien.

Faut-il une formation spécifique pour conduire une moto comme la CFMOTO 675NK ?
Au Canada, le permis moto est obligatoire et délivré par chaque province. Pour une moto de 95 chevaux comme la 675NK, une formation reconnue (cours moto-école au Québec, programmes équivalents ailleurs au Canada) et un équipement de protection complet (ATGATT) sont fortement recommandés, particulièrement si vous débutez.