La petite bonne à tout faire – Kawasaki KLX 250 2018

Essai Kawasaki KLX250 2018

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La petite bonne à tout faire

La vie de pilote d’essai de motos c’est parfois devoir se mettre dans la peau de motocyclistes de styles complètement différents de ce que nous sommes. Quelquefois la tâche nous est rendue plus facile lorsque la dite moto correspond à nos goûts, nos attentes. D’autres fois, il faut s’imaginer plus vieux, bedonnant et désirant plus de confort que de tenue de route… Dans le cas de cet essai, je n’ai eu qu’à me remémorer mes débuts et ceux de ma conjointe. Il fut une époque pas si lointaine ou presque tous  les motocyclistes débutaient soit sur une machine hors-route, ou encore sur une double-usage (que nous appelions semi-route, semi-trail).  Cette incarnation de la KLX250 me rappelle un peu les XL185 que nous avons possédés à deux occasions dans notre vie. La première, servit de machine d’initiation  pour madame et la seconde, 14 ans plus tard, me servit pour accompagner nos deux fils sur leurs CRF50 et CRF80. Dans les deux cas, ces petites cylindrées nous ont rendus de fiers services et nous en gardons de très bons souvenirs.

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Si aujourd’hui, un débutant me demandait quelle moto lui conviendrait pour faire ses premiers tours de roue, je n’hésiterais pas à lui conseiller, vous l’avez deviné, une KLX250. Pourquoi pas une plus grosse machine ? C’est bien simple, la confiance lorsqu’on débute en moto ne peut se gagner qu’à force de pratique et, comme lors d’une entrevue d’embauche, nous n’avons pas l’occasion de changer une première impression. Dans le sens que si quelqu’un débute avec une moto trop puissante ou encore trop nerveuse, il risque de se faire peur inutilement et de laisser ce sport pour un passe-temps moins terrifiant comme le golf… Ce fut donc un plaisir lorsqu’on me confirma que ma demande d’essai pour la petite KLX avait été acceptée. Pourquoi ne pas avoir demandé sa grande sœur KLR650 ? Tout simplement parce que je préfère me faire plaisir dans des sentiers serrés plutôt que d’enfiler les kilomètres de chemins forestiers. Dans cette optique, la petite devrait remplir sa mission parfaitement.

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Premier contact

En regardant au travers de la fenêtre du panneau du garage, je la vois qui m’attend (ouf il s’agit de la version régulière verte Kawa et non de la discutable livrée camouflage). Je la relève de sa béquille latérale pour la pousser dehors et me surprend à la trouver étonnamment légère, je sais pourtant qu’elle pèse 138 kg (304 lbs.) tous pleins faits ! Un effleurement du bouton du démarreur et le et le petit mono de 249cc prend vie. Nous pouvons à peine l’entendre tellement l’échappement étouffe les décibels. Je tourne la poignée pour vérifier et oui, le compte-tours s’anime ! Une fois en selle, la suspension s’affaisse quelque peu sous mon poids (172 lbs). J’enclenche la première vitesse et débraye… Vraiment docile et presque impossible de caler le moteur tellement la livrée de puissance est linéaire. Dans la circulation urbaine, il suffit de faire monter les tours pour semer les « poursuivants » (lire ici les automobilistes) !

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Et c’est un départ !

Devant emprunter l’autoroute pour me rendre chez-moi, je pus constater que pour suivre le flot de la circulation, je devais favoriser l’aérodynamisme en me penchant et en faisant grimper les régimes pour atteindre la vitesse tolérée… En l’absence de vent, la KLX s’intégra à la circulation, mais lors de sorties subséquentes, affrontant un bon vent de face, je fus limité à rester sur la voie de droite, manquant de puissance pour effectuer des dépassements. Qu’à cela ne tienne, l’usage premier de cette moto n’étant pas de rouler d’un océan à l’autre sur l’autoroute, je n’en tiendrais que très peu compte lors de ma prise de décision au moment de choisir une monture de cette catégorie. Je mis d’ailleurs cette théorie en pratique lors d’une sortie qui m’amena dans mon Kamouraska natal en passant plutôt par les rangs et routes secondaires au détriment de la somnolente autoroute 20.

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Lors de la planification de mon parcours, je pris soin de rechercher les routes en gravier, quitte à allonger mon trajet.  Ce voyage de 428 kilomètres m’accrocha un sourire et restera l’un de mes bons souvenirs au guidon de la KLX. Parfaitement dans son élément sur les routes limitées à 90 km/h, elle me combla lorsque j’attaquai les routes encore non pavées.  Facile  à contrôler sur les  surfaces meubles, les pneus offrant  un bon compromis (ce qui est rare sur ce type de machine), je me disais qu’un débutant pourrait avoir autant de plaisir que moi-même en roulant à un rythme un peu plus raisonnable.

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Au retour, à la noirceur sur la 132, je pus apprécier l’éclairage  très satisfaisant qui permettait un bon balayage du bitume et des fossés qui peuvent cacher tant de petites et grosses bêtes… Autre point intéressant, la consommation se résuma à 3,5 litres au 100, donc une autonomie de 200 kilomètres en roulant quand même à un bon rythme. Le confort de la selle qui, à première vue ne semble être confortable que pour de courtes sorties me fit mentir. Remontant en selle le lendemain, aussi en forme que la veille ! Petite parenthèse, en allant rendre visite à un vieux chum du primaire en train de presser du foin dans son champ, je me suis dit que je capturais l’essence même de cette petite moto. Devant emprunter un chemin mieux adapté aux tracteurs qu’aux motos, (traversée de deux voies de chemin de fer, d’un ruisseau, de côtes rendues glissantes par une récente averse) la petite KLX brilla de toutes ses qualités (poids raisonnable, bonne traction et direction précise)  pour ne nommer que celles-ci.

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Petit comparatif

C’est en revenant sous la pleine lune qu’un plan facilement réalisable me vint en tête : Une randonnée d’aventure en Chaudière-Appalaches en compagnie de mes deux fils et d’un connaisseur…

Ce ne fut qu’une formalité de convaincre mon ami Denis Marcoux, un vieux routier des trails s’étendant au sud de Beaumont. Le plan étant des plus simples : Il roule devant avec sa XT250 et on essaie de le suivre, Vincent sur ma DRZ400SM montée de roues de 21’’ et 18’’, Xavier sur ma WR250R et moi fermant la marche sur la KLX250. À première vue le match semble inégal, tant la XT peut sembler archaïque, je vous le concède, mais ce serait sans compter sur l’habileté de Denis combinée à son expérience à rouler dans ces sentiers qu’il connait de fond en comble. Mes deux descendants étant d’un meilleur calibre que moi en hors-route (et aussi sur route, mais ça c’est une autre histoire) je décidai donc de fermer la marche, de cette manière je ne retarderai pas la cadence. Dès le départ, nous avons pu avoir un avant-goût de ce que serait la journée. Denis roule à une bonne cadence et son style coulé laisse croire que nous roulons à un rythme moins élevé que ce que nos tachymètres indiquent !

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Les jeunes sur les machines plus puissantes n’avaient pas trop de mal en compensant avec la poignée droite, me gratifiant à chaque fois d’une giclée de gravier, merci Xavier !  Mais à ma grande surprise, j’arrivais à m’accrocher à eux, les poussant même dans le dos lors de sections plus techniques, là où la KLX se montrait docile et facile à contrôler. Je devais bien sûr faire cracher tous les chevaux de petit mono lors des sections roulantes, mais là encore, une fois l’accélération passée, je maintenais la distance me séparant du peloton, juste assez loin pour laisser se dissiper la poussière et retomber les cailloux. Tout y passe : sentiers serrés, route de gravier avec longues courbes rapides, côtes de roches, terre noire disons assez humide, quelques sections de liaison en asphalte, beaucoup de trous d’eau de différents formats ! 

À la fin de la journée (245 km de trails auxquels s’ajoutent 120 km d’autoroute pour m’y rendre), j’étais plus courbaturé que notre guide septuagénaire. Quant à la KLX, après une bonne douche elle était prête à recommencer ! 

La concurrence :

Plusieurs machines s’offrent à vous dans cette catégorie (double-usage de moyenne cylindrée) mais on peut facilement les catégoriser en trois sections.  Le groupe des 200cc se composant de la vieillissante  Suzuki DR200 et de deux modèles à pneus semi-ballons soit la Suzuki Van Van 200 et la Yamaha TW200. Cette dernière dispose d’un fan club non négligeable, allez savoir pourquoi ? Je ne l’ai jamais roulée, peut-être l’an prochain ? (en passant elle roule sa bosse depuis 1987 !). Vient ensuite la catégorie  des 250cc à laquelle appartient la KLX. Viennent se joindre à elle l’éternelle Yamaha XT250, (plus compacte mais au refroidissement à l’air) et la Honda CRF250L qui se rapproche beaucoup des performances de notre machine d’essai verte. Viennent ensuite les Yamaha WR250R et Suzuki DRZ400S, deux machines offrant beaucoup plus de performances mais elles sont aussi dans une autre gamme de prix.

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En conclusion

La petite KLX, même utilisée de façon, disons un peu plus extrême que ce qu’un débutant lui demanderait, a toujours livré la marchandise.  C’est le genre de moto qui vous amènera à destination et vous en ramènera sans souci. Le poids étant le pire ennemi du motocycliste et ceci est doublement vrai en hors-route, le plaisir d’être capable de se sortir d’un mauvais pas seul compense bien pour les quelques km/h sacrifiés en vitesse de pointe. D’autres machines offrent plus de glamour ou de puissance, mais pour le prix, si on l’évalue en fonction de sa vision première soit d’avoir du plaisir en sentier et en s’y rendant, elle marque un point à chaque sortie.  

Une moto abordable, peu intimidante, amusante, compétente, capable d’accumuler les kilomètres et pouvant briller tant en ville qu’à la cabane à sucre, que demander de plus ?

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Les "+"

Facilité de prise en main
Bouchon de réservoir à charnière
Suspension moelleuse et ajustable tant à l’avant qu’à l’arrière
Look attrayant
Compte-tours bien lisible sous le soleil
2 compteurs journaliers
Pneus offrant un bon compromis route/hors route
Une selle étroite peut sembler inconfortable à première vue, mais en utilisation c’est vraiment correct !
Transmission sans faille, tous les changements de vitesse avec ou sans embrayage sont passés comme dans du beurre mou.
Très agréable sur routes secondaires, pavées ou non
Très agile dans la circulation, les embouteillages sont presque rendus agréables !
Bonne autonomie, plus de 180 km si roulé en adulte…
Crochets pratiques à l’arrière pour arrimer des bagages

Les "–"

Vibrations dans les rétroviseurs à compter de 6000 trs/min
Le mot FUEL clignote lorsqu’on commence à utiliser la réserve, mais nous n’avons aucune idée du kilométrage parcouru depuis l’avertissement (il faut retourner manuellement au compteur journalier et mémoriser depuis quand le clignotement a débuté).
Puissance livrée linéairement, un peu drabe pour les pilotes s’attendant à une montée d’adrénaline, mais sécurisante pour les débutants.
Puissance limite pour utilisation sur autoroute, surtout avec un vent de face, les dépassements demandant une bonne planification
Les pratiques crochets pour arrimer les bagages entrent en conflit avec les doigts du pilote quand vient le temps de soulever la moto par cette section

Fiche technique
Moteur :

  • Monocylindre refroidit par liquide DACT 4 soupapes par cylindre
  • Cylindrée : 249cc
  • Rapport volumétrique : 11 à 1
  • Boite de vitesse: 6 rapports
  • Transmission finale par chaine

Partie Cycle :

  • Cadre en acier à haute résistance à la torsion
  • Suspension avant : Fourche inversée à  télescopique de 43 mm à 16 réglages de la compression
  • Suspension arrière : Uni-Trak, contrainte réglable et 16 réglages de la compression et de l'amortissement de la détente
  • Frein avant : Disque de 250 mm avec étrier à deux pistons
  • Frein arrière : Disque de 240mm avec étrier à un piston 
  • Pneu avant/arrière : 3.00-21 et 4.60-18
  • Débattement des roues : 
  • Avant 255mm
  • Arrière : 230mm 
  • Empattement : 1440mm 56,3 po)
  • Garde au sol 280mm (11,2 po)
  • Hauteur de la selle : 885mm (35 po)
  • Poids en état de marche: 138kg (304lbs)
  • Réservoir de carburant : 7,7 litres
  • Consommation observée : 3,51litres/100km  (81 milles au gallon)

Durée de l’essai : 1582 km
Prix : 5599$
Garantie : 12 mois

Kawasaki Canada : https://www.kawasaki.ca/fr/
Lien vers la KLX 250: https://www.kawasaki.ca/fr/product/klx250

 

MagazineMoto.com remercie Kawasaki Canada pour la disponibilité de cette moto d'essai.
 
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Marc Paradis, Chroniqueur et Pilote d'essai
Magazinemoto.com